Oublier l’heure

Il y a des jours où l’on regarde sa montre sans même s’en rendre compte. Une heure pour partir, une heure pour revenir, un rendez-vous, des courses à faire, un message auquel répondre, quelque chose à ne pas oublier.

Et puis il y a ces moments où l’on ne sait plus très bien quelle heure il est.

Un café commencé sur la terrasse qui dure un peu plus longtemps que prévu. Quelques pages lues au bord de l’eau qui deviennent plusieurs chapitres. Une promenade qui s’allonge parce que le chemin est agréable. Une partie avec les enfants alors que personne n’avait vraiment décidé de jouer.

Au Clos de l’Armançon, se ressourcer commence peut-être simplement comme cela : retrouver la liberté de disposer de son temps.

Ne rien avoir à faire… et avoir envie de tout

Il ne s’agit pas forcément de ne rien faire.

Au contraire.

C’est pouvoir décider, au fil de la journée, de ce dont on a réellement envie.

Partir tôt le matin avec une canne à pêche. Prendre son temps au marché. Aller chercher le pain à pied. S’installer avec un livre dans le jardin. Partir marcher le long du canal ou en forêt. Visiter une cave parce que l’idée vous plaît, sans avoir besoin d’enchaîner trois visites pour « profiter » de la journée.

Ou simplement rester là.

Parce que les vacances peuvent aussi servir à cela : ne plus avoir besoin de rentabiliser chaque heure.

 

La rivière, juste devant soi

L’Armançon participe beaucoup à cette sensation.

Ici, la rivière est calme, discrète, à taille humaine. Souvent presque immobile, elle devient un miroir où se reflètent les arbres et les jeux du soleil.

Un souffle de vent suffit parfois à changer toute sa surface.

Puis un poisson saute et laisse quelques cercles argentés derrière lui. Un ragondin traverse tranquillement. Plus rarement, un canoë apparaît au détour de la rivière.

Il ne se passe presque rien.

Et pourtant on peut rester longtemps à regarder.

Retrouver le plaisir de regarder

Prendre son temps, c’est aussi recommencer à remarquer ce que l’on ne voit plus lorsque l’on court.

Une rose qui vient de s’ouvrir. La lumière à travers les feuilles. Un oiseau qui fouille dans l’herbe. Les petits poissons dans l’eau. Une fleur inconnue au détour d’une allée.

Le jardin n’a pas besoin d’être parcouru. Il peut simplement être regardé.

Comme la rivière.

Comme un paysage depuis lequel, pendant quelques minutes, on oublie ce que l’on devait faire ensuite.

Marcher simplement parce que l’on en a envie

À Tonnerre, beaucoup de choses peuvent se faire à pied.

Cela change doucement le rythme des journées.

On peut partir au marché sans chercher une place pour la voiture, traverser la ville, s’arrêter, continuer son chemin, boire un café avant de rentrer.

On peut rejoindre le canal et marcher sans autre objectif que celui de marcher.

Plus loin, les chemins et les forêts offrent d’autres échappées.

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir une destination. Parfois, le plaisir est simplement dans le chemin.

Et les enfants dans tout cela ?

Ils ont souvent une façon très directe de nous rappeler ce que signifie prendre son temps.

Courir dans le jardin. Observer un animal. Essayer de manier une pagaie. Guetter les poissons. Mettre les pieds dans l’eau et découvrir, émerveillés, que de minuscules poissons viennent les chatouiller.

Puis viennent les questions : Quel est cet insecte ? Pourquoi ce poisson fait-il cela ? Où dort le ragondin ? Comment cette plante s’appelle-t-elle ?

Et l’écran, que l’on oppose si souvent à la nature, peut alors prendre une autre place.

Il ne sert plus seulement à regarder une vidéo ou à jouer. Il permet de chercher une réponse, d’identifier une plante, de comprendre le comportement d’un animal, d’aller plus loin dans ce que l’on vient de découvrir.

Le réel donne envie d’apprendre. L’écran devient un outil.

Et quelques minutes plus tard, on retourne voir.

Retrouver aussi le temps d’être ensemble

Une journée moins remplie laisse également davantage de place aux autres.

On ressort un jeu de société.

On retrouve le plaisir d’une partie qui dure, des discussions autour de la table, des enfants qui réclament une revanche.

On prend le temps de préparer quelque chose ensemble ou de raconter ce que l’on a vu pendant la journée.

Ce sont souvent des moments très simples.

Mais peut-être justement ceux que l’on retient.

Suivre ses envies

Se ressourcer ne devrait pas devenir une nouvelle obligation.

Il n’est pas nécessaire de méditer au lever du soleil, de ranger son téléphone dans un tiroir ou de programmer des journées « slow ».

On peut avoir envie de visiter, de marcher, de pêcher, de lire, de jouer, de canoter ou de ne rien faire.

L’important est ailleurs.

Pendant quelques jours, les contraintes habituelles reculent un peu. Les journées redeviennent disponibles.

Et l’on retrouve quelque chose que le quotidien laisse parfois de côté :

le droit de changer d’avis, de s’attarder, de suivre une envie… et d’oublier l’heure.

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