Au fil des saisons et de ses différents bras, l’Armançon change de visage. Aux beaux jours, devant le Clos de l’Armançon, elle sait se faire douce, calme et presque familière.

À Tonnerre, l’Armançon aime prendre plusieurs chemins.

Elle se divise en différents bras, longe d’anciens moulins, accélère ici, s’élargit ailleurs. Selon les endroits et les saisons, elle peut être vive, sonore, parfois même impressionnante.
Mais devant le Clos de l’Armançon, aux beaux jours, l’un de ses bras prend un tout autre caractère. Le courant ralentit. L’eau s’apaise. Quelques mètres seulement séparent les deux rives, bordées d’arbres et de verdure, sans vis-à-vis.

La rivière est là, tout près. Assez présente pour que l’on ait envie de s’en approcher, suffisamment douce pour que l’on puisse passer des heures simplement à la regarder.

Ici, l’Armançon devient une rivière à taille humaine.

Une rivière qui a ses humeurs

Il suffit pourtant de la connaître un peu pour savoir qu’elle n’est jamais tout à fait la même.

L’hiver lui redonne de l’énergie. Le courant se fait plus vif, l’eau monte, la rivière retrouve toute sa force.

Puis viennent les beaux jours.
Peu à peu, ce petit bras ralentit. Sa surface s’adoucit. Et certains matins d’été, il est difficile d’imaginer qu’il s’agit de la même rivière.Elle devient presque immobile.

Les arbres de l’autre rive s’y reflètent avec une netteté étonnante. La lumière passe entre les feuillages et dessine des taches mouvantes sur l’eau. Un souffle de vent suffit à troubler le miroir.

Quelques minutes plus tard, tout est à nouveau calme.

Il ne se passe presque rien…

Et c’est peut-être justement ce qui la rend si apaisante.
On s’assoit au bord de l’eau avec un café ou un livre et, peu à peu, le regard se détache de ce que l’on était en train de faire.
Un reflet bouge…Une feuille tombe…Puis soudain, un poisson saute. Un éclair argenté, quelques cercles à la surface… et le calme revient.
Parfois, c’est un ragondin qui traverse la rivière, tranquillement, avant de disparaître sous les branches de l’autre rive.
Plus rarement, quelques coups de pagaie annoncent l’arrivée d’un canoë. Un signe, quelques mots échangés, puis chacun poursuit son chemin.
De minuscules événements.  Mais lorsque l’on a enfin le temps de les regarder, ils deviennent un spectacle.

Une rivière à regarder… mais pas seulement

Aux beaux jours, l’Armançon donne aussi envie de s’approcher. De descendre quelques marches, de tremper les pieds dans l’eau, de sentir sa fraîcheur.

Les enfants sont souvent les premiers à découvrir tout ce qui s’y passe.

Il suffit parfois de rester immobile quelques instants pour voir arriver autour de ses pieds une multitude de minuscules poissons. Ça chatouille. On rit. Puis viennent les question : Quels sont ces poissons ? Pourquoi viennent-ils si près ? Que mangent-ils ? Où se cachent-ils ?

La rivière devient alors un petit monde à explorer. 

Elle ne fournit pas seulement une occupation : elle donne envie de regarder, de s’étonner et de comprendre.

Glisser sur l’eau

D’autres jours, l’envie sera différente.

Un canoë, une pagaie, et l’on découvre la rivière depuis l’intérieur. Pas nécessairement pour aller loin.

On peut commencer devant la terrasse, apprendre à diriger le bateau, comprendre comment tourner, trouver le bon mouvement de pagaie.
Puis se laisser glisser doucement.

Depuis l’eau, les perspectives changent. Les branches semblent plus basses, les berges différentes, certains recoins apparaissent que l’on ne remarquait pas depuis le jardin.

Et lorsque la rivière est calme, le canoë avance presque silencieusement.

On peut partir pour une véritable promenade… ou simplement faire quelques allers-retours parce que c’est agréable.

Le matin appartient parfois aux pêcheurs

À d’autres moments, on préférera une canne à pêche.

Tôt le matin, lorsque le jardin est encore silencieux et que la journée commence à peine, la rivière offre une toute autre ambiance.
La lumière est douce. Les oiseaux se font entendre davantage. L’eau est souvent parfaitement calme.

Pêcher ici en no-kill, c’est bien sûr espérer sentir un poisson au bout de la ligne. Mais c’est aussi attendre. Observer. Écouter.
Et découvrir que cette attente fait peut-être autant partie du plaisir que la prise elle-même.

A chacun son Armançon

C’est probablement ce que j’aime le plus dans cette rivière : elle ne demande rien de particulier.
Pour certains, elle sera le paysage devant lequel on prend son café le matin.
Pour d’autres, l’endroit où l’on terminera quelques chapitres d’un livre.
Les enfants se souviendront peut-être surtout des petits poissons autour de leurs pieds ou du ragondin qu’ils auront aperçu.
Un autre aura envie de nager lorsque les conditions s’y prêtent, de sortir le canoë, de lancer une ligne ou simplement de suivre des yeux les reflets du soleil dans les arbres.
Et le lendemain, l’envie pourra être différente.
La rivière sera toujours là. Calme ou légèrement froissée par le vent, animée par un poisson, traversée par un ragondin ou parfaitement immobile.

L’Armançon ne propose pas de programme. Elle offre simplement un paysage vivant et changeant, dont chacun peut profiter selon ses envies du moment. Et parfois, la meilleure envie est encore la plus simple : rester là, regarder l’eau… et oublier l’heure.

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